Vidéosurveillance : Pour quoi faire ?

Every-Breath-You-Take2CHAPITRE 1 – La « sécurité » était un axe prédominant de la campagne du candidat Cyril Nauth. Aujourd’hui, il s’agit d’un volet d’investissement prioritaire qui ne souffre pas de l’austérité budgétaire appliquée par ailleurs. Pourtant au regard des nombreuses expériences des villes sous surveillance il est utile d’analyser les motivations qui ont conduit l’équipe municipale à déployer un tel dispositif et comment nous pourrons évaluer ses potentiels bénéfices pour les Mantevillois.

La vidéosurveillance est-elle efficace pour la prévention de la délinquance et pour sa répression ?

Concernant les modalités d’application, il est prévu d’installer 6 caméras dans les prochains mois et de réaliser une étude pour décider de leur implantation. Aucun agent qualifié ne sera mobilisé pour regarder en temps réel les images. Cela révèle d’une part que le dispositif ne sera pas déployé comme l’entendait le chef de la police municipale pour atteindre une probable efficacité. D’autre part le projet n’a fait l’objet d’aucune étude préalable pour valider qu’il s’agissait d’une solution adaptée à Mantes la Ville. La Note n°100 mentionne des trafics de drogue et de contrebande ou encore des agressions. Pourtant le principal point d’attention évoqué lors des conseils municipaux concerne les cambriolages et donc des actes commis aux domiciles privés pour lesquels la vidéosurveillance serait logiquement inadaptée.

Des études ont démontré qu’on serait moins agressé dans les villes non vidéosurveillées que dans celles où on l’est un peu ; que les caméras que personne ne regarde produisent tout autant d’effet que celles qui sont regardées et que “l’amélioration du taux d’élucidation est sensiblement équivalente” dans les villes équipées que dans celles qui ne le sont pas. Un rapport du ministère de l’Intérieur (juillet 2009) conclut que les équipements de vidéosurveillance représentent des coûts d’investissement et de fonctionnement élevés et qu’il est compliqué de mesurer, mais encore plus de « prouver », l’efficacité de la vidéosurveillance.

La présence de caméras dans les lieux publics s’est banalisée et la perception du caractère «liberticide» de la vidéosurveillance s’est estompée au profit d’une « vidéoprotection » qui rassure et lutte – non pas contre les délits  eux-mêmes – mais contre le sentiment d’insécurité. Avec aussi peu de consensus sur son efficacité et au regard du coût qu’elle fait supporter à la collectivité, nous pouvons légitimement nous demander si la vidéosurveillance doit être l’outil prioritaire pour répondre aux enjeux de la lutte contre la délinquance.

La vidéosurveillance serait-elle seulement un argument électoral, employé par de nombreuses formations politiques, ou bien serait-ce un outil véritablement efficace, nécessaire et suffisant pour assurer la tranquillité publique ?

Un Conseil Municipal qui tient ses promesses

Si l’on a suivi avec attention la première année du mandat de la nouvelle majorité, il était difficile d’être surpris par le contenu du dernier Conseil Municipal. Des décisions votées en cours d’année en passant par la communication officielle répétant inlassablement la politique à venir, rien de ce qui a été présenté le lundi 30 mars ne s’éloigne du programme proposé lors de la campagne des municipales.

Pas de lieu de prière pour la communauté musulmane

 Le maire a dénoncé une opération politicienne et un emplacement géographique inadapté. Le 1er argument est strictement subjectif et ne peut suffire à remettre en cause un tel projet ; le 2nd est infirmé par les organismes qui ont validé les aspects techniques du projet. Si ses deux arguments sont irrecevables, pourquoi le maire ne « garantit pas le libre exercice de ce culte » en l’accompagnant dans sa démarche d’implantation de mosquée comme il l’a promis lors de son discours du 16 mai 2014 ?

Une politique sécuritaire prioritaire

Les effectifs de la police municipale ont été et seront encore augmentés prochainement. La mise en œuvre d’un dispositif de vidéosurveillance sera effective en fin d’année avec l’installation de 6 caméras pour un coût initial de 150 000€. Par ailleurs Mantes la Ville est désormais membre du réseau « Mairie Vigilante » dont le principal intérêt et investissement (3090€ d’adhésion) réside dans l’affichage de panneaux à l’entrée de la ville et d’autocollants à mettre sur les boîtes aux lettres des volontaires.

Une austérité budgétaire prépondérante

L’objectif qui est de ne pas avoir à augmenter les taux d’imposition motive implacablement le programme budgétaire 2015. L’entretien de la voirie, les rénovations et mises aux normes des bâtiments seront réduits au strict minimum. Aucun nouvel investissement porté par la nouvelle équipe municipale ne sera réalisé mis à part un columbarium ; la construction d’un groupe scolaire dans le quartier Mantes Université étant un impératif planifié de longue date. Le volet social supporte aussi les conséquences de cette politique en réduisant par exemple le financement des fêtes de quartier. Les rénovations des CVS sont annulées ; après la suppression de certaines activités, l’avenir de ces lieux de rencontre et d’échange est de plus en plus incertain. Les subventions accordées aux associations sont elles aussi en forte diminution notamment dans les domaines sportif, jeunesse, social, culture et relations publiques.

Un dossier de projet pédagogique est en préparation pour bénéficier cette année encore du fond d’amorçage relatif à la réforme des rythmes scolaires (50€ par élève) dont nous ne savons toujours pas comment a été utilisée l’enveloppe reçue pour l’année 2014/2015.

La politique municipale qui sera en vigueur pendant les 5 prochaines années est donc explicite et justifierait la réduction des effectifs notamment parmi les cadres techniques. Sans projet à conduire, il ne sera pas nécessaire d’employer autant de compétences seulement pour gérer les affaires courantes. Pour autant est-ce dans l’intérêt de tous les mantevillois de suspendre les investissements culturels, sociaux, sportifs, scolaires, urbains ? Le cadre de vie, les services aux familles et à la petite enfance sont-elles des préoccupations négligeables ?

Un Conseil Municipal record

Nous reviendrons en détail sur le Conseil Municipal du 30 mars 2015 dans le prochain numéro du Contrepoint. Malgré tout nous pouvons dès à présent faire quelques remarques générales.

De nombreux citoyens ont pu suivre cette longue soirée et certains ont regretté l’absence d’une rangée de chaises (présente les fois précédentes), qui aurait permis à une dizaine de spectateurs supplémentaires d’assister aux discussions dans de meilleures conditions. La chaleur étouffante de la salle n’a pas aidé non plus au confort des personnes venues assister au conseil.

Mais la durée des débats est plus surprenante encore : 4h50 ! Un record depuis le renouvellement de l’équipe municipale.

Si l’on ajoute l’inconfort évoqué ci-avant à cette durée malheureusement provoquée par des échanges hors de propos et déplacés, il n’est pas étonnant que certains d’entre nous aient été découragés d’aller jusqu’aux dernières délibérations. D’autant que les derniers points, même s’ils ne soulevaient pas de remarques particulières de la part de l’opposition, et les questions diverses ont été prestement expédiés.

La régulation de la température de la salle et la mise à disposition du maximum de chaises permettra à tous – élus comme spectateurs – de participer aux débats dans de meilleures conditions.

Et pour améliorer la qualité de ces débats, nous suggérons vivement aux élus d’opposition et à la majorité municipale de proscrire les échanges exclusivement motivés par la recherche de polémiques stériles et ineptes.