Retour sur le Conseil Municipal du 12 avril 2016

Le mouvement #NuitDebout fait des émules à Mantes-la-Ville où le Conseil Municipal du 12 avril 2016 s’est prolongé jusqu’à 1h30. Mais contrairement aux récentes et heureuses initiatives citoyennes rappelant que la politique est l’affaire de tous, cette longue soirée n’a pas abouti à des échanges apaisés et constructifs. Au-delà du sujet principal – le budget – qui par nature conduit à des échanges passionnés entre la majorité et son opposition, la fréquence trimestrielle des conseils municipaux et le nombre conséquent de délibérations à l’ordre du jour ne favorisent pas la préparation et la tenue de débat dans de bonnes conditions.

Certes la rigueur approximative de la gestion financière pendant le mandat de Mme Peulvast-Bergeal ou la gestion confuse des projets d’aménagement urbain et « politique de la ville » pendant le mandat de Mme Brochot (1) ne laissent pas la ville dans les meilleures dispositions.

Certes la contribution à l’effort budgétaire demandé par l’état aux collectivités locales et traduite par une baisse substantielle de dotations est contraignante et diminue les marges de manœuvres notamment en terme d’investissement.

Nous admettons donc qu’il soit nécessaire d’optimiser et de rationaliser certaines dépenses de fonctionnement et nous convenons volontiers que des opérations nécessaires aient été entreprises pour réaliser des économies.

Cependant les résultats financiers ne peuvent être le seul critère d’appréciation de la bonne gestion d’une commune et le contexte économique ne peut justifier l’ensemble des décisions dommageables qui ont été mises en œuvre au cours de ces 2 premières années de mandat.

Revenons sur les motifs de satisfactions exprimés avec force conviction par l’adjoint aux Finances :

· La dette par habitant diminue. La municipalité s’acquitte de ses créances et aucun nouvel emprunt n’est envisagé ; exploit ou imparable logique mathématique ?
· 0€ d’augmentation d’impôt. Oui les taux des taxes ménages n’ont pas augmenté mais les services à la population sont plus chers, moins nombreux et de moins bonne qualité. Pas d’augmentation ? c’est une façon (malhonnête) de voir les choses.
· 1.9M€ d’excédent sur le budget 2015. C’est toujours ça que les associations, les activités périscolaires, les CVS et les autres dispositifs d’action sociale n’auront pas.
· 1.73M€ de suréquilibre programmé en 2016. Une belle enveloppe pour financer les futurs projets ambitieux : installer des caméras de vidéosurveillance, aménager un nouveau columbarium, installer des caméras de vidéosurveillance. A ce compte-là chaque mantevillois va vouloir la sienne.

Évoquons aussi les 300k€ de dépenses imprévues non réalisées consolidé dans le total des « économies » réalisées. Une manipulation fallacieuse des données qui gâche les économies pertinentes certainement réalisées par ailleurs.

D’autre part comment décorréler de la remarquable diminution des charges de personnels (départs non remplacés et non reconduction de contrat) et des charges générales, ce qui relève d’économies judicieuses de ce qui contribue à affaiblir les compétences de la ville et diminuer les services à la population ?

Pour le maire, son 1er adjoint et sa majorité FN, asphyxier le tissu associatif est une économie, diminuer le budget du CCAS est une économie, réduire l’offre et la qualité de services à la population sont des économies.

Le résultat strictement comptable pourrait sembler excellent si Mantes-la-Ville était une entreprise, mais le bilan politique de ces 2 premières années d’exercice est bien désastreux pour la qualité de vie des mantevillois. Et pour cause, il ne s’agit pas d’argent. Œuvrer pour l’intérêt général d’une collectivité ne se résume pas à présenter des comptes à l’équilibre.

C’est aussi et surtout une affaire d’optimisme, de volonté, de compétence, d’humilité, d’ouverture d’esprit, de consensus et d’honnêteté.

Beaucoup trop de choses qui manquent au programme du Front National, aux dirigeants de ce parti et aux élus qui s’en réclament, en France, et surtout à Mantes-la-Ville.

Liste non exhaustive des critiques que l’on peut adresser à l’actuelle majorité :

  • Une gestion opaque des dossiers et projets en étude. Le programme du candidat Nauth prévoyait l’installation de caméras de vidéosurveillance (2), l’augmentation des effectifs de la Police Municipale et voulait maintenir le taux d’imposition. Si d’autres projets étaient à l’étude, le Maire serait bien avisé d’en faire part à ses administrés avant de les mettre devant le fait accompli.
  • Des décisions autoritaires et abusives. Les parents d’un enfant à qui l’on refuserait d’accéder à la cantine scolaire ou à la crèche pour un défaut de paiement d’une facture pourraient avoir la bonne idée de porter plainte contre la ville au tribunal administratif pour sanction abusive et gagner. (3)
  • Un mépris des dispositifs démocratiques et du dialogue entre élus et citoyens : fréquence au minimum légal des Conseils Municipaux, mobilisation quasi nulle des commissions, investissement municipal inexistant dans la mise en place du conseil citoyen, absence de réponse à des courriers officiellement adressés aux élus sont les exemples les plus représentatifs du manque de considération que portent M le Maire et ses adjoints à la vie démocratique.
  • Une communication de propagande dans le journal municipal et sur les réseaux sociaux, mais un site internet de la ville qui accuse un retard de quelques mois pour les informations diffusées et de quelques années pour sa technologie et son interface.
  • Démocratie participative, tissu associatif, dispositifs d’action sociale, culture, activités périscolaires, aménagement urbain et désenclavement des quartiers, état des routes, stationnement : une partie des sujets et préoccupations des mantevillois sacrifiée sur l’autel du bilan comptable.
Remarques En Vrac

Faisant remarquer à l’ancienne députée les reproches évoqués dans le rapport de la Cours de Comptes, Mme Peulvast s’est défendue en objectant l’affection que lui porteraient certains mantevillois. # Il dit qu’il voit pas le rapport

Pour M le Maire il est impensable qu’une association de danse puisse accéder aux installations municipales en soirée. Les adultes qui voudront prendre des cours devront prévoir d’y aller quand il n’y a pas classe ou après le goûter. # Bon père de famille

Selon le Maire les associations doivent se financer avec les cotisations de leurs membres et si possible aller chercher des subventions ailleurs que dans les caisses de la mairie. Mais sinon elles sont bienvenues pour œuvrer à Mantes-la-Ville # Le beurre et l’argent du beurre

Le Maire suggère qu’il aurait été normal que le FC Mantois reverse à la ville une partie des dotations reçues pour leur formidable parcours en Coupe de France (16ème de finale perdu contre le FCNA) et suggère à ceux qui n’adhèrent pas à sa volonté de supprimer la subvention allouée au FC Mantois de faire eux-mêmes un don personnel à l’association. # 100 balles et un mars

(1) Rapports d’observations de la Cour des Comptes
(2) Malgré nos requêtes, aucune étude ni démonstration n’a été fournie par M le Maire quant à la nécessité de cet investissement.
Rapport DE LA COMMISSION DES AFFAIRES CULTURELLES ET DE L’ÉDUCATION SUR LA PROPOSITION DE LOIvisant à garantir ledroitd’accèsà larestauration scolaire http://www.assemblee-nationale.fr/14/rapports/r2616.asp

Le CONTREPOINT d’avril vous parle de social à Mantes-la-Ville mais reste optimiste

Le CRIC à des choses à dire, les mantevillois aussi. Retrouvez un édito optimiste et volontaire, une analyse de la politique sociale ni mensongère ni diffamatoire, un dossier sur la protection sociale, un autre sur les Centres de Vie Social et Maison de Santé Pluridisciplinaire, quelques éléments d’information sur le conseil citoyen, des nouvelles du projet boîtes à lire et un retour du premier atelier d’éCRICtoire et une pub pour le prochain CRIC à Brac, tout ça dans un Contrepoint n°04 dense et intense.