La majorité creuse encore et ne s’attaque, comme d’habitude, qu’à l’intérêt général

Depuis le début du mandat, l’opposition municipale a donné trop peu souvent l’occasion d’être complimentée pour son action et sa capacité à mettre en défaut la majorité municipale ; ce fut malheureusement plus généralement le contraire*. Cependant le communiqué de presse de Monsieur le Maire de Mantes-la-Ville du 31 mars 2017 qui voudrait relever le manque de pertinence des interventions des élus d’opposition lors du dernier Conseil Municipal est d’une mauvaise foi outrancière.
Certes il aurait été opportun d’appuyer davantage sur la baisse – en quantité et en qualité – des prestations proposées aux habitants, ce qui pour les même taux d’imposition revient à opérer une augmentation sournoise des charges.
Certes il aurait été intéressant de rappeler que l’ambition politique mise en place depuis maintenant 3 ans consiste seulement à rembourser les emprunts et réaliser les opérations courantes au détriment de tout ce qui fait le dynamisme social, culturel et économique d’une commune.
Certes il aurait été perspicace de noter que les seuls investissements qui relèvent de la volonté politique de l’équipe municipale en charge et qui ne souffrent d’aucune restriction budgétaire concernent uniquement la Police Municipale et la vidéo-surveillance.
Certes il aurait été approprié de mentionner que la jeunesse de Mantes-la-Ville est laissée pour compte, que les CVS tournent au ralenti, que la ville n’emploie plus ses jeunes pendant les périodes scolaires. Que les activités périscolaires sont consternantes.
Certes il aurait été utile de demander des arguments vérifiables sur les préjudices financiers pour la ville que semble dénoncer Monsieur le Maire suite aux transferts de compétences à la Communauté Urbaine.
Si l’opposition avait quelques idées sur le sujet, il aurait été audacieux de signaler que les préoccupations des mantevillois ne sont pas prises en compte dans le projet politique de la majorité FN.
Globalement il aurait été intelligent de confondre le Maire sur sa politique qui ne profite à aucun mantevillois mais qui n’a comme seul objectif de remplir des critères comptables qu’il espère faire valoir lors des prochaines élections municipales.
Mais à part ça, comment questionner Monsieur le Maire et ses adjoints sur l’avenir de Mantes-la-Ville quand il n’y a aucun projet à débattre ?
La mise en évidence des erreurs, des imprécisions et de l’opacité des réponses apportées lors de la présentation du compte administratif 2016, du budget primitif 2017 et même auparavant lors du débat d’orientation budgétaire est déjà suffisante pour révéler le manque de considération de la municipalité à l’égard de l’opposition, du débat démocratique et des habitants de Mantes-la-Ville.
Par ailleurs l’opposition s’interroge, à juste titre et démonstration à l’appui, sur la sincérité des budgets soumis au vote du conseil municipal. De notre côté nous n’avons aucun doute sur le caractère équivoque et insidieux de leurs présentations.
De nombreux éléments présentés comme des « économies » réalisées sont tout à fait hypocrites et parfois obscènes.
· Pouvons-nous qualifier d’économie l’enveloppe budgétaire réservée pour les dépenses imprévues et non dépensée ?
· Pouvons-nous qualifier d’économie les dépenses non réalisées pour les sorties scolaires, dont les annulations sont justifiées par le plan Vigipirate ?
· Les transferts de personnel à la Communauté Urbaine et les postes supprimés peuvent-ils eux-aussi être qualifiés d’économies ?
Pour persuader ses administrés qu’il gère sa ville avec rigueur et bon sens, Monsieur le Maire emploie des combinaisons fantaisistes et des torsions improbables. Quand on n’omet pas de rappeler les dégradations occasionnées par l’application autoritaire de la politique du Front National il est inconcevable de qualifier cette gouvernance comme une gestion en bon père de famille. Ou alors celle des Thénardier.
Ces constats ont déjà été formulés lors des deux précédents budgets et à chaque fois nous avons dû tirer la même conclusion : l’action politique ne profite pas aux mantevillois qui voient leur cadre de vie se dégrader et leurs contributions fiscales rester au même niveau, voire augmenter. Monsieur le Maire qualifie son administration de prudente ; au regard des résultats constatés nous la trouverions plutôt amorphe, paresseuse, dogmatique et inconséquente.
Non, cette gestion « low cost » n’est pas une chance, c’est une désolation.
Le Collectif de Réflexion et d’Initiatives Citoyennes
*Lire « minorité invisible » en dernière page du Contrepoint n°02 http://fr.calameo.com/read/004165528d459fe963cc5

Ce qu’il faut retenir du Conseil Municipal du 29 mars 2017

– Des erreurs et des incohérences entre les chiffres soumis à l’opposition en commission et ceux présentés en Conseil Municipal, qui contestent l’extrême rigueur dont se réclame l’adjoint aux finances.
– Une présentation trompeuse du compte administratif et des économies réalisées, 200k€ de « dépenses imprévues » non utilisées ne sont pas des économies, des postes transférés ou supprimés et non remplacés ne sont pas des économies, la suppression des sorties en transport collectif n’est pas une économie, …
– Une ambition politique réduite à la seule rénovation, mise aux normes et investissements contraints.
– Des financements priorisés pour la Police Municipale et la vidéosurveillance sans que cet investissement ne soit objectivement justifié.
– Des cessions immobilières qui gonflent généreusement les recettes. Jusqu’à quand ?
– Des prestations à la population qui diminuent d’année en année et qui sont en deçà de ce que la population mantevilloise est en droit d’attendre de sa commune (crèches, activités périscolaires, service publique, action sociale et culturelle, etc.)
– Des promesses de projets « structurants » pour la ville. Lesquels ? En n’entendrons-nous jamais parler un jour ?
– La vie associative, la promotion culturelle, le dynamisme économique, la rénovation urbaine, le lien social, la citoyenneté et la solidarité encore et toujours laissés pour compte dans le programme politique de la majorité municipale FN de Mantes-la-Ville.

Des constats déjà formulés lors des deux précédents budgets et une conclusion tout aussi identique : l’action politique ne profite pas aux mantevillois qui voient leur cadre de vie se dégrader et leurs contributions fiscales rester au même niveau. M le Maire qualifie son administration de prudente ; au regard des résultats constatés nous pourront la trouver amorphe, paresseuse, dogmatique et inconséquente.

Non, cette gestion « low cost » n’est pas une chance, c’est une désolation.

#FNContreLePeuple

Les petites phrases du Conseil Municipal (25 janvier 2017)

Vous pouvez retrouver les interventions suivantes dans les enregistrements du Conseil Municipal
– Il n’y a pas de petites victoires
« Vous m’avez posé une question, j’y ai répondu ». M Nauth, maire de Mantes-la-Ville, séance du Conseil Municipal du 25 janvier 2017
Charger la mule
Le Conseil Municipal sur proposition de M le Maire a désigné Mme Geneix pour représenter la commune au conseil d’administration du Foyer des Jeunes Travailleurs (FJT). Rappelons que Mme Geneix est 2ème adjointe, chargée de la politique de la ville, des affaires scolaires, de la petite enfance, de la culture et des affaires sociales. Elle est aussi conseillère communautaire à la Communauté Urbaine Grand Paris Seine Oise. Elle représente également la commune au conseil d’administration du CCAS.
Des paroles et des actes
« C’est très bien la transparence dans la démocratie, mais il doit aussi y avoir des limites à la transparence. L’excès de transparence… » M Nauth, maire de Mantes-la-Ville, Conseil Municipal du 25 janvier 2017
On attend toujours la suite de la phrase.
Argument d’autorité
Mme Peulvast est venue au Conseil Municipal défendre des valeurs et proposer des solutions concrètes pour répondre aux préoccupations des mantevillois. Notamment en ce qui concerne le stationnement autour de la place du marché :
« Quand on va à la superette, ½ heure suffit pour faire ses courses » « j’en appelle à toutes les femmes, elles savent faire les courses » « 30 minutes ça me parait correct »
Bonnes pratiques partagées
L’ayant lui-même employé pour justifier la réduction des activités au CVS Augustin Serre, M le maire aura sans doute été convaincu rapidement par l’argumentaire de la Poste pour justifier la fermeture du bureau de l’avenue Jean Jaures : moins de moyens –> moins de service –> moins d’usagers –> moins d’activité –> beaucoup moins de moyens –> plus du tout de service –> plus du tout d’usagers
Qui ne risque rien n’a rien
Pendant les questions diverses M le Maire a été interrogé sur l’action qu’il aurait pu conduire pour améliorer le stationnement autour de la place du marché, pour apporter un soutien aux personnes qui pourraient être en difficulté suite à la vague de froid, pour éviter la fermeture du bureau de poste de l’avenue Jean Jaures et le possible déménagement de celui rue du Parc ou pour éviter la quasi fermeture du bureau de police nationale. Une seule et unique réponse a été opposée à ces interrogations : rien.
Café du commerce
Laquelle de ces phrases n’a pas été prononcée par M Nauth, maire de Mantes-la-Ville au Conseil Municipal du 25 janvier 2017 ?
A-« Il doit y avoir des limites à tout »
B-« Si vous n’avez rien à vous reprocher vous ne devriez pas être contre la vidéosurveillance »
C-« Le chaud est beaucoup plus sournois et meurtrier »
D-« Patron c’est ma tournée ! »
A petit malin, petit malin et demi

A petit malin, petit malin et demi

M le maire déplorait lors du Conseil Municipal du 25 janvier 2017 que des personnes mal intentionnées aient propagées de fausse informations sur le projet de Maison de Santé Pluri-Professionnelle.

« Il y a des petits malins qui se sont amusés à diffuser l’idée selon laquelle on sacrifierait toute la partie CVS et ont tout fait pour faire capoter avant même qu’il y ait un début de commencement de projet. »

Dans sa volonté de rendre accessible une information factuelle, le CRIC aurait pu s’associer à cette condamnation. Sauf que… l’initiateur de ces “rumeurs” se trouve être le maire lui-même ; huit mois après avoir confirmé que le projet de MSP était en préparation.

Conseil Municipal du 17 février 2016 p61
Monsieur NAUTH : « Parmi ces études de faisabilité il y a les CVS qui sont concernés. Si jamais ce projet de Maison de Santé devait aboutir et si jamais le choix qui était fait serait la transformation d’un CVS par exemple Augustin Serre, rue Louise Michel, il y aura de toutes façons une structure qui viendra « remplacer » ce CVS. Soit ce sera un autre local, si jamais c’était la totalité de la structure et la totalité de la superficie qui était nécessaire, soit une partie seulement puisque l’Association de Professionnels de Santé avec laquelle nous travaillons sur ce sujet très précisément nous a sollicité pour une fourchette de 300 à 500 m2 sachant que le CVS Augustin Serre fait au moins 500 m2, enfin tout ça dépend, si on additionne les logements qui sont juste à côté, donc soit ce serait la totalité du CVS qui pourrait être transformée en Maison de Santé, soit une partie seulement. »

Conseil Municipal du 29 juin 2015 p21,22
Monsieur NAUTH : « Une maison de santé ne se monte pas comme ça. Il y a plusieurs partenaires qu’il faut convaincre. C’est ce qu’il a commencé à faire en recevant des 22 pharmaciennes et Monsieur LEFOULON. Ces derniers l’ont alerté sur le sujet. La trésorerie n’est pas le bon choix pour une maison de santé. Il travaille d’arrache-pied pour trouver une solution, pour trouver un lieu, contre la pénurie de médecins et de personnel de santé de manière générale. »

Dans la petite boutique des horreurs de l’extrême-droite française

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Photo © Pitinome – Collectif OEIL CALAIS – Des réfugiés iraniens se sont cousus la bouche en signe de protestation à la démolition de la zone sud de la jungle de Calais.

Après une motion de « défense de la langue française » anachronique et xénophobe, M le Maire souffle à nouveau un air rance sur Mantes-la-Ville en voulant décréter la commune « sans migrant ».

Est-il nécessaire de produire une argumentation in extenso pour conclure que cette motion présentée lors du Conseil Municipal du 30 novembre 2016 est profondément raciste, anticonstitutionnelle et en totale contradiction avec les valeurs de la République Française ? Nous le ferons dans un document qui sera adressé au préfet pour lui demander d’examiner la légalité de cette délibération, de la retirer de la commune de Mantes-la-Ville et de la déférer si besoin au tribunal administratif.

Pour autant nous portons à la connaissance de nos lecteurs que ce texte est d’abord une démonstration flagrante de l’incompétence de nos élus frontistes. Aucun article du Code général des collectivités territoriales ne confie au Conseil Municipal la compétence pour déterminer quelle doit être l’organisation de l’accueil des migrants sur le territoire français. Cette prérogative est confiée à l’Etat en vertu du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA). En l’espèce, le Conseil Municipal de Mantes-la-Ville manifeste la volonté d’empiéter sur les compétences de l’État. Par ailleurs, à supposer même que la délibération ait voulu, comme elle le prétend dans son introduction liminaire « protéger le bon ordre, la sécurité et la tranquillité publics », là encore la compétence ne relève pas du Conseil Municipal, mais du maire de la commune en vertu de l’article L 2212-1 du code général des collectivités territoriales. Enfin, il n’est pas prévu par les textes relatifs à l’accueil des étrangers une application différenciée de la règle de droit, offrant aux collectivités territoriales le choix ou non de sa mise en œuvre.

Cette illégalité pour incompétence suffit, à elle-seule, à justifier l’annulation pure et simple de cette délibération et des excuses du Maire aux Mantevillois pour avoir jeté une fois de plus l’opprobre sur leur commune.

Mais ce n’est pas tout. Cette délibération enfreint également plusieurs principes et règles de droit :
  • Elle viole le principe d’égalité des droits – en désignant comme « migrants » une catégorie de population à part entière alors que la notion de migrants définit des catégories de populations distinctes qui relèvent de plusieurs régimes administratifs ou juridiques (demandeurs d’asile, apatrides, mineurs non accompagnés, …). Or les droits inhérents à ces régimes sont susceptibles d’être contredits par la délibération contestée.
  • Elle viole le principe de laïcité et de respect de toutes les croyances – en affirmant que « l’immigration massive nourrit les revendications communautaristes contraires aux principes de laïcité », elle laisse entendre que les migrants manifestent des exigences confessionnelles radicales et extrémistes (le fait de se revendiquer d’une religion n’étant pas en soi contraire au principe de laïcité).
  • Elle viole les dispositions relatives au droit d’asile ou à la protection des étrangers – en entendant interdire l’exercice de droits découlant de normes nationales, communautaires et internationales dont peuvent se prévaloir les migrants.

En présentant au Conseil Municipal et par extension à l’ensemble des Mantevillois une motion pour décréter, heureusement de manière illusoire et sans application possible, la ville « une commune sans migrant », le maire continue de déshonorer notre ville. Pour autant le Front National – triste porte drapeau d’une idéologie d’extrême-droite en France – n’est pas le seul parti à revendiquer, sur ce sujet en particulier, des positions profondément racistes, anticonstitutionnelles et en totale contradiction avec les valeurs de la République Française*.

Le Collectif de Réflexion et d’Initiatives Citoyennes entend défendre les valeurs républicaines et lutter contre toute forme de discrimination, en portant à votre connaissance les actions contestables de la majorité municipale et en sollicitant le préfet sur la légalité de cette motion. Il appartient maintenant à chacun d’entre vous de poursuivre le débat sur ce sujet ; dans les commentaires, par mail (contactcric@gmail.com), avec vos voisins ou lors d’une prochaine réunion du CRIC.

* Pour ne citer qu’un exemple, rappelons quee conseil régional de PACA, présidé par Christian Estrosi (LR) a adopté le 3 novembre une motion présentée par sa majorité contre l’accueil de migrants, votée également par l’opposition FN, qui n’en a pas moins crié au «plagiat».
Merci au Forum Républicain de Fréjus pour son travail précis et documenté qui a très largement alimenté cet article.

Retour sur le Conseil Municipal du 27/09/2016 1ère partie

Délibération n°4 – Armement de la police municipale
« Les missions de la Police Municipale doivent répondre, au mieux, aux besoins et attentes de la population sur le plan de la sécurité et de la tranquillité publique » (texte de la délibération)
Complétons cette introduction en rappelant que la Police Municipale n’a pas vocation à répondre aux fantasmes idéologiques d’un groupuscule d’extrême-droite (même si ce groupuscule constitue l’exécutif de la majorité municipale).
« Ainsi, les Policiers Municipaux sont régulièrement engagés sur des services de soirées et de nuits où les interventions sont potentiellement plus risquées. Il paraît donc nécessaire d’apporter à ces agents, non seulement des moyens de protection, mais aussi des outils de défense destinés à faire face au contexte toujours plus dangereux de leurs missions » (texte de la délibération)
Équiper d’armes létales des agents de Police Municipale est légalement possible. Cependant cette décision doit être prise sur la base d’arguments réfléchis et de données significatives. Hors c’est bien une estimation au doigt mouillé et un événement, dramatique certes mais surtout hors de propos avec l’action de la Police Municipale, qui a semble-t-il motivé le maire à prendre cette décision . Dans ce même article du Parisien, M Visintainer (LR) qui n’est jamais avare d’absurdités, dira de cette décision « que c’est une bonne chose […] Aujourd’hui ce n’est même plus une question politique puisque même les maires de gauche y viennent ». Rappelons à ce conseiller municipal visiblement peu éclairé en ce qui concerne la notion d’action politique, qu’avoir une police municipale est une question politique et équiper les policiers municipaux d’armes à feu l’est également. Soutenir une politique sécuritaire partagée par le principal parti d’extrême-droite en France, est aussi une question politique. Et la réponse de cet élu est explicite.
Enfin ne vous laisser pas embobiner par un « il paraît donc nécessaire » aussi péremptoire que malhonnête. S’il est nécessaire de fournir aux agents communaux les moyens de remplir efficacement leur mission et de garantir leur sécurité, leur apporter des outils pour se défendre face à un contexte est une insondable ineptie. Avez-vous déjà vu un contexte agresser un agent de Police Municipale ? Le contexte justement, nous a démontré de trop nombreuses fois qu’une arme de poing ne sera jamais suffisamment dissuasive ou à défaut suffisante pour empêcher un attentat de se produire. Et par ailleurs, est-ce là la mission d’une Police Municipale ?
Sans doute M Nauth a-t-il pris cette décision pour satisfaire ses 2027 électeurs (+ M Visintainer) et son idéologie. Une conception de la vie politique et de la société qu’il travaille sans relâche, en voulant se doter d’un appareil répressif à travers une police municipale armée donc, mais aussi en bafouant la liberté d’expression des avis divergents, en refusant d’installer un quelconque débat ni d’argumenter ses décisions et en exaltant ad nauseam un nationalisme discriminant.

Retour sur le Conseil Municipal du 12 avril 2016

Le mouvement #NuitDebout fait des émules à Mantes-la-Ville où le Conseil Municipal du 12 avril 2016 s’est prolongé jusqu’à 1h30. Mais contrairement aux récentes et heureuses initiatives citoyennes rappelant que la politique est l’affaire de tous, cette longue soirée n’a pas abouti à des échanges apaisés et constructifs. Au-delà du sujet principal – le budget – qui par nature conduit à des échanges passionnés entre la majorité et son opposition, la fréquence trimestrielle des conseils municipaux et le nombre conséquent de délibérations à l’ordre du jour ne favorisent pas la préparation et la tenue de débat dans de bonnes conditions.

Certes la rigueur approximative de la gestion financière pendant le mandat de Mme Peulvast-Bergeal ou la gestion confuse des projets d’aménagement urbain et « politique de la ville » pendant le mandat de Mme Brochot (1) ne laissent pas la ville dans les meilleures dispositions.

Certes la contribution à l’effort budgétaire demandé par l’état aux collectivités locales et traduite par une baisse substantielle de dotations est contraignante et diminue les marges de manœuvres notamment en terme d’investissement.

Nous admettons donc qu’il soit nécessaire d’optimiser et de rationaliser certaines dépenses de fonctionnement et nous convenons volontiers que des opérations nécessaires aient été entreprises pour réaliser des économies.

Cependant les résultats financiers ne peuvent être le seul critère d’appréciation de la bonne gestion d’une commune et le contexte économique ne peut justifier l’ensemble des décisions dommageables qui ont été mises en œuvre au cours de ces 2 premières années de mandat.

Revenons sur les motifs de satisfactions exprimés avec force conviction par l’adjoint aux Finances :

· La dette par habitant diminue. La municipalité s’acquitte de ses créances et aucun nouvel emprunt n’est envisagé ; exploit ou imparable logique mathématique ?
· 0€ d’augmentation d’impôt. Oui les taux des taxes ménages n’ont pas augmenté mais les services à la population sont plus chers, moins nombreux et de moins bonne qualité. Pas d’augmentation ? c’est une façon (malhonnête) de voir les choses.
· 1.9M€ d’excédent sur le budget 2015. C’est toujours ça que les associations, les activités périscolaires, les CVS et les autres dispositifs d’action sociale n’auront pas.
· 1.73M€ de suréquilibre programmé en 2016. Une belle enveloppe pour financer les futurs projets ambitieux : installer des caméras de vidéosurveillance, aménager un nouveau columbarium, installer des caméras de vidéosurveillance. A ce compte-là chaque mantevillois va vouloir la sienne.

Évoquons aussi les 300k€ de dépenses imprévues non réalisées consolidé dans le total des « économies » réalisées. Une manipulation fallacieuse des données qui gâche les économies pertinentes certainement réalisées par ailleurs.

D’autre part comment décorréler de la remarquable diminution des charges de personnels (départs non remplacés et non reconduction de contrat) et des charges générales, ce qui relève d’économies judicieuses de ce qui contribue à affaiblir les compétences de la ville et diminuer les services à la population ?

Pour le maire, son 1er adjoint et sa majorité FN, asphyxier le tissu associatif est une économie, diminuer le budget du CCAS est une économie, réduire l’offre et la qualité de services à la population sont des économies.

Le résultat strictement comptable pourrait sembler excellent si Mantes-la-Ville était une entreprise, mais le bilan politique de ces 2 premières années d’exercice est bien désastreux pour la qualité de vie des mantevillois. Et pour cause, il ne s’agit pas d’argent. Œuvrer pour l’intérêt général d’une collectivité ne se résume pas à présenter des comptes à l’équilibre.

C’est aussi et surtout une affaire d’optimisme, de volonté, de compétence, d’humilité, d’ouverture d’esprit, de consensus et d’honnêteté.

Beaucoup trop de choses qui manquent au programme du Front National, aux dirigeants de ce parti et aux élus qui s’en réclament, en France, et surtout à Mantes-la-Ville.

Liste non exhaustive des critiques que l’on peut adresser à l’actuelle majorité :

  • Une gestion opaque des dossiers et projets en étude. Le programme du candidat Nauth prévoyait l’installation de caméras de vidéosurveillance (2), l’augmentation des effectifs de la Police Municipale et voulait maintenir le taux d’imposition. Si d’autres projets étaient à l’étude, le Maire serait bien avisé d’en faire part à ses administrés avant de les mettre devant le fait accompli.
  • Des décisions autoritaires et abusives. Les parents d’un enfant à qui l’on refuserait d’accéder à la cantine scolaire ou à la crèche pour un défaut de paiement d’une facture pourraient avoir la bonne idée de porter plainte contre la ville au tribunal administratif pour sanction abusive et gagner. (3)
  • Un mépris des dispositifs démocratiques et du dialogue entre élus et citoyens : fréquence au minimum légal des Conseils Municipaux, mobilisation quasi nulle des commissions, investissement municipal inexistant dans la mise en place du conseil citoyen, absence de réponse à des courriers officiellement adressés aux élus sont les exemples les plus représentatifs du manque de considération que portent M le Maire et ses adjoints à la vie démocratique.
  • Une communication de propagande dans le journal municipal et sur les réseaux sociaux, mais un site internet de la ville qui accuse un retard de quelques mois pour les informations diffusées et de quelques années pour sa technologie et son interface.
  • Démocratie participative, tissu associatif, dispositifs d’action sociale, culture, activités périscolaires, aménagement urbain et désenclavement des quartiers, état des routes, stationnement : une partie des sujets et préoccupations des mantevillois sacrifiée sur l’autel du bilan comptable.
Remarques En Vrac

Faisant remarquer à l’ancienne députée les reproches évoqués dans le rapport de la Cours de Comptes, Mme Peulvast s’est défendue en objectant l’affection que lui porteraient certains mantevillois. # Il dit qu’il voit pas le rapport

Pour M le Maire il est impensable qu’une association de danse puisse accéder aux installations municipales en soirée. Les adultes qui voudront prendre des cours devront prévoir d’y aller quand il n’y a pas classe ou après le goûter. # Bon père de famille

Selon le Maire les associations doivent se financer avec les cotisations de leurs membres et si possible aller chercher des subventions ailleurs que dans les caisses de la mairie. Mais sinon elles sont bienvenues pour œuvrer à Mantes-la-Ville # Le beurre et l’argent du beurre

Le Maire suggère qu’il aurait été normal que le FC Mantois reverse à la ville une partie des dotations reçues pour leur formidable parcours en Coupe de France (16ème de finale perdu contre le FCNA) et suggère à ceux qui n’adhèrent pas à sa volonté de supprimer la subvention allouée au FC Mantois de faire eux-mêmes un don personnel à l’association. # 100 balles et un mars

(1) Rapports d’observations de la Cour des Comptes
(2) Malgré nos requêtes, aucune étude ni démonstration n’a été fournie par M le Maire quant à la nécessité de cet investissement.
Rapport DE LA COMMISSION DES AFFAIRES CULTURELLES ET DE L’ÉDUCATION SUR LA PROPOSITION DE LOIvisant à garantir ledroitd’accèsà larestauration scolaire http://www.assemblee-nationale.fr/14/rapports/r2616.asp