Budget 2018 et nouvelle école

On a beau être habitué, le Conseil Municipal de Mantes-la-Ville reste un moment éprouvant. En se clôturant vers 1h30 celui d’hier (11 avril 2018) n’échappe pas à la règle.
Sur les 29 délibérations, 17 ont été votées à l’unanimité des élus et 1 concernait la présentation d’un rapport sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Pour les 11 autres l’opposition a voté contre ou s’est abstenue.
Voilà pour les statistiques.
En dehors des sujets éminemment importants que sont la clôture des comptes 2017, l’exercice budgétaire 2018 et la construction d’un nouveau groupe scolaire on pourra retenir :
• L’acquisition par la commune de gilets pare-balles, bâton de défense, caméra-piétons, caméras embarquées.
• 341000€ (en partie subventionnés) vont être investis dans le dispositif de vidéosurveillance.
• Le terrain qui accueille aujourd’hui le Centre Technique Communautaire rue du Val Saint Georges recevra prochainement les effectifs de la Police Municipale et de la Police Nationale. Le CTC devant déménager à Buchelay.
• 11 modulaires et locaux annexes vont être achetés par la mairie pour être installés dans les écoles Jaurès (5), Gaillard (2) et des Brouets (4).
• Les taux d’impositions relatifs à la fiscalité directe locale restent identiques par rapport à 2017.
• Une fois de plus les sujets sur la politique culturelle de la ville auront été expédiés en fin de séance.
Au-delà des observations que chacun pourra faire sur l’enveloppe accordée par la municipalité et sa répartition au secteur associatif, l’opposition a fait remarquer 2 éléments importants :
• Les subventions accordées aux écoles sont en fait des crédits de fonctionnement et pourraient très bien (voire mieux) se trouver dans le volet budgétaire du même nom.
• Les associations subventionnées ont diminué de moitié en 4 ans.
On peut ajouter que le sous-secteur jeunesse reste à 0€, ce qui peut sembler paradoxal avec la priorité numéro une de la majorité municipale. Chacun jugera. Il semblerait aussi qu’une liste des associations pour lesquelles la demande de subvention a été refusée ait été distribuée en commission aux élus d’opposition. Ces informations pourraient être éclairantes sur la politique municipale relative à la vie associative et citoyenne.
Les débats concernant les comptes administratifs 2017, l’exercice budgétaire 2018 et le nouveau groupe scolaire furent animés. Ces séquences ont été enregistrées et ceux qui le souhaiteront pourront prendre connaissance des arguments échangés.
Comme l’année dernière le résultat est en excédent. Même si des économies réelles et pertinentes ont pu être réalisées, le doute sur la sincérité des budgets présentés reste autorisé. En synthèse on peut raisonnablement dire que les investissements réalisés sur la ville sont bien en deçà de ce que l’on peut attendre d’une ville de 20000 habitants et qu’une large partie des économies présentées se concrétise par des services qui ne sont plus rendus à la population.
Sinon les projets de la municipalité pour 2018 portent sur des travaux de voirie et mobilier urbain, les menuiseries extérieures du Moulin des Rades, la clôture du stade Bergeal, des alarmes attentat et intrusion dans les écoles, la réfection de la toiture de la Sablonnière, suppression des conduites de plomb à Jaurès, acquisition de mobilier pour les créations de classes, la vidéosurveillance, des études pour le nouveau poste de Police Municipale, la construction d’une ferme pédagogique (projet en cours depuis 2015), la fin des travaux d’aération des Merisiers, l’acquisition d’une parcelle Bois des Enfers, l’acquisition de 11 modulaires pour la rentrée scolaire 2018-2019 et des travaux de réhabilitation de l’ancienne bibliothèque.
L’agenda d’accessibilité, la Maison de Santé Pluridisciplinaire, le groupe scolaire « Brochant de Villiers » et la mise en sécurité de l’école des Brouets seront financés dans le cadre d’opération AP / CP (Autorisation de Programme et Crédit de Paiement).
Une opération concernant les aires de jeux inscrite en « Reste à Réaliser » a également retenu mon attention.
Passons maintenant au groupe scolaire « Brochant de Villiers ».
Il n’y a pas eu de surprise, le projet a été adopté en séance. Cette école sera donc construite rue du 8 mai 1945 à l’emplacement de l’ancienne piscine municipale.
Le maire avait préparé un argumentaire pour contrer ceux défendus par l’opposition et son enthousiasme pouvait laisser supposer qu’il soit pertinent et irréfutable. Il n’en fut rien.
Il semble marquer un point lorsqu’il affirme qu’une école est d’abord nécessaire dans le « centre-ville » plutôt que dans le quartier Mantes Université. Chiffres de construction de logement à l’appui il apparaît effectivement que de nombreux logements aient été construits entre le boulevard Roger Salengro et la route de Houdan et que la population déjà installée dans le quartier Mantes Université soit anecdotique en comparaison. Cependant il ne définit pas ce qu’est le centre-ville de Mantes-la-Ville. En mettant un coup de projecteur trompeur sur le site retenu il soustrait du débat de nombreux autres emplacements possibles.
Sur les risques d’inondation il retient que cette zone n’est pas en zone inondable contrairement à la ferme des Pierres. Reste qu’en 2001 « le sous-préfet faisait fermer les bretelles d’accès et de sortie de l’autoroute A13, l’eau ayant recouvert les chaussées sur plusieurs dizaines de centimètres. »
Sur les difficultés de stationnement et de circulation, il propose d’augmenter le nombre de places du parking de la rue des soupirs. Les 70 places étant à peine suffisantes pour les Alliés de Chavannes, je me demande si la vingtaine de places supplémentaires suffira pour une nouvelle école de 12 classes. L’aménagement d’une voie « dépose minute » serait également à l’étude.
Sur la dangerosité liée à la circulation, le maire dit que c’est un risque acceptable.
Sur l’empiétement du Parc de la Vallée, il dit que ce terrain n’est finalement qu’une zone de transit avec 2 bancs et un vieux city stade.
Le maire a également vainement tenté de reporter la responsabilité sur ses prédécesseurs. Mais l’abus de biais de confirmation, de pétition de principe et son obsession à vouloir porter des attaques personnelles réduisent cette tentative puérile à la portée d’un pétard mouillé.
La sélection de cet emplacement de manière unilatérale par le bureau municipal est principalement motivée par les économies réalisées par rapport à l’acquisition de parcelles privées. Et aussi parce que ce terrain aurait pu être « convoité » par de gens du voyage (dixit M Nauth).
Enfin le maire justifie cette prise de décision tardive par la nécessité préalable « d’assainir » les finances. C’est une aberration. Rien, absolument rien, n’empêchait le maire de lancer dès sa prise de fonction les études nécessaires pour cibler le besoin et définir une stratégie d’acquisition foncière. Sa volonté de supprimer des postes d’agents, de vider les CVS de leur potentiel, de laisser pour compte les associations, aurait quand même pu être assouvie.
Monsieur le Maire, personne n’est contre une école comme personne ne serait contre une gestion intelligente de la ville.
Cette décision que vous prenez aujourd’hui c’est nous, Mantevillois, qui devrons l’assumer demain.
Romain CARBONNE
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Bilan de mi-mandat 2017

Dans une indifférence quasi générale, la mairie organise des réunions publiques pour présenter son bilan, à sa manière. De notre point de vue, ce bilan qui se voudrait « le plus fidèle possible sans nier les difficultés ni certaines informations défavorables » est approximatif et un peu trop flatteur pour être honnête.

Nous vous proposons donc une version alternative, à mettre en parallèle avec celle de la municipalité.

N’hésitez pas à commenter et ajouter des informations complémentaires pour que le débat qui n’existe malheureusement pas pendant ces réunions faute de monde (et de publicité) puisse tout même avoir lieu.

http://www.calameo.com/books/004165528ce1993ed5647

Ça booste sous les pavés, Mantes-la-Ville 3 ans après

Mardi dernier Squale recevait Romain Carbonne dans son émission « Ça booste sous les pavés » pour discuter du CRIC, de Mantes-la-Ville, du FN et de politique.

Vous pouvez écouter l’émission sur le site de Radio libertaire (FM 89.4).

>> https://www.radio-libertaire.net/ <<

Nous pouvons apporter quelques observations aux taux de participation des scrutins, nous pouvons encourager chacun à s’investir dans la vie politique de sa commune et nous considérons que l’extrême-droite est inconciliable avec les valeurs de la République. Pour autant le CRIC n’a pas vocation à commenter le résultat des élections ni à donner quelque consigne de vote.

Nous pensons également qu’un maire, premier magistrat de la commune, doit agir dans le respect du mandat qui lui a été confié : il est élu pour exécuter les décisions du conseil, représenter la commune et exécuter des fonctions d’agent du pouvoir central sous l’autorité du préfet.

M Nauth, dans sa sphère privée, est libre de partager l’analyse politique qu’il fait du 1er tour des élections et donner les consignes qu’il veut à qui voudra bien l’écouter. En revanche les ressources de Mantes-la-Ville ne sont pas destinées à servir de matériel de campagne. Il y a là un sujet qui devrait intéresser la CNCCFP (Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques).

Il nous semble que le maire fait un usage excessif de ses prérogatives en utilisant les vecteurs de communication officiels de Mantes-la-Ville pour publier le communiqué de presse ci-après. Aussi nous appelons M Nauth à la raison et à la prudence dans ses propos et dans ses actes, lorsqu’il s’exprime ou agit en tant que premier magistrat de la commune.

communiqué de presse MlV 24042017

La majorité creuse encore et ne s’attaque, comme d’habitude, qu’à l’intérêt général

Depuis le début du mandat, l’opposition municipale a donné trop peu souvent l’occasion d’être complimentée pour son action et sa capacité à mettre en défaut la majorité municipale ; ce fut malheureusement plus généralement le contraire*. Cependant le communiqué de presse de Monsieur le Maire de Mantes-la-Ville du 31 mars 2017 qui voudrait relever le manque de pertinence des interventions des élus d’opposition lors du dernier Conseil Municipal est d’une mauvaise foi outrancière.
Certes il aurait été opportun d’appuyer davantage sur la baisse – en quantité et en qualité – des prestations proposées aux habitants, ce qui pour les même taux d’imposition revient à opérer une augmentation sournoise des charges.
Certes il aurait été intéressant de rappeler que l’ambition politique mise en place depuis maintenant 3 ans consiste seulement à rembourser les emprunts et réaliser les opérations courantes au détriment de tout ce qui fait le dynamisme social, culturel et économique d’une commune.
Certes il aurait été perspicace de noter que les seuls investissements qui relèvent de la volonté politique de l’équipe municipale en charge et qui ne souffrent d’aucune restriction budgétaire concernent uniquement la Police Municipale et la vidéo-surveillance.
Certes il aurait été approprié de mentionner que la jeunesse de Mantes-la-Ville est laissée pour compte, que les CVS tournent au ralenti, que la ville n’emploie plus ses jeunes pendant les périodes scolaires. Que les activités périscolaires sont consternantes.
Certes il aurait été utile de demander des arguments vérifiables sur les préjudices financiers pour la ville que semble dénoncer Monsieur le Maire suite aux transferts de compétences à la Communauté Urbaine.
Si l’opposition avait quelques idées sur le sujet, il aurait été audacieux de signaler que les préoccupations des mantevillois ne sont pas prises en compte dans le projet politique de la majorité FN.
Globalement il aurait été intelligent de confondre le Maire sur sa politique qui ne profite à aucun mantevillois mais qui n’a comme seul objectif de remplir des critères comptables qu’il espère faire valoir lors des prochaines élections municipales.
Mais à part ça, comment questionner Monsieur le Maire et ses adjoints sur l’avenir de Mantes-la-Ville quand il n’y a aucun projet à débattre ?
La mise en évidence des erreurs, des imprécisions et de l’opacité des réponses apportées lors de la présentation du compte administratif 2016, du budget primitif 2017 et même auparavant lors du débat d’orientation budgétaire est déjà suffisante pour révéler le manque de considération de la municipalité à l’égard de l’opposition, du débat démocratique et des habitants de Mantes-la-Ville.
Par ailleurs l’opposition s’interroge, à juste titre et démonstration à l’appui, sur la sincérité des budgets soumis au vote du conseil municipal. De notre côté nous n’avons aucun doute sur le caractère équivoque et insidieux de leurs présentations.
De nombreux éléments présentés comme des « économies » réalisées sont tout à fait hypocrites et parfois obscènes.
· Pouvons-nous qualifier d’économie l’enveloppe budgétaire réservée pour les dépenses imprévues et non dépensée ?
· Pouvons-nous qualifier d’économie les dépenses non réalisées pour les sorties scolaires, dont les annulations sont justifiées par le plan Vigipirate ?
· Les transferts de personnel à la Communauté Urbaine et les postes supprimés peuvent-ils eux-aussi être qualifiés d’économies ?
Pour persuader ses administrés qu’il gère sa ville avec rigueur et bon sens, Monsieur le Maire emploie des combinaisons fantaisistes et des torsions improbables. Quand on n’omet pas de rappeler les dégradations occasionnées par l’application autoritaire de la politique du Front National il est inconcevable de qualifier cette gouvernance comme une gestion en bon père de famille. Ou alors celle des Thénardier.
Ces constats ont déjà été formulés lors des deux précédents budgets et à chaque fois nous avons dû tirer la même conclusion : l’action politique ne profite pas aux mantevillois qui voient leur cadre de vie se dégrader et leurs contributions fiscales rester au même niveau, voire augmenter. Monsieur le Maire qualifie son administration de prudente ; au regard des résultats constatés nous la trouverions plutôt amorphe, paresseuse, dogmatique et inconséquente.
Non, cette gestion « low cost » n’est pas une chance, c’est une désolation.
Le Collectif de Réflexion et d’Initiatives Citoyennes
*Lire « minorité invisible » en dernière page du Contrepoint n°02 http://fr.calameo.com/read/004165528d459fe963cc5