Des choix discutables

Le dernier Conseil Municipal en date a été particulièrement court, les 7 points à l’ordre du jour ont été voté à la quasi-unanimité (sauf 4 abstentions sur le point n°4).

Parmi les éléments remarquables nous retiendrons surtout la phrase de M le Maire :

« Il faut faire des choix »

Quand les centres d’accueil Petite Enfance de la ville sont saturés et les demandes supplémentaires mises en attente sans qu’aucune solution ne soit envisagée pour répondre aux attentes et besoins des parents,
quand l’activité culturelle se résume à la programmation de la salle Jacques Brel et Festi’ville ce qui est déjà remarquable au regard des moyens engagés (nous aurons la décence de ne pas évoquer la soirée du 14 juillet et nous pourrons toujours nous étonner de voir un Conseil Municipal planifié le jour de la Fête de la Musique),
quand les fêtes de quartier deviennent une après-midi enclavée sur un parking le même jour que la Forum des associations (!),
quand le tissu associatif est remercié dans les discours mais laminé dans les faits,
quand la ville s’ennuie,
quand les parcs pour enfants sont démontés petit à petit,
quand le maire augmente ses émoluments et cumule son mandat de maire avec celui de Conseiller Régional,
quand l’avenue Jean Jaures ou la rue des Merisiers (2 exemples parmi d’autres) sont cabossés comme des sentiers de montagne.

Quand tout ça et tant d’autre choses encore, la mairie est toute heureuse de pouvoir déployer très prochainement un dispositif de vidéosurveillance et se réjouis d’obtenir une subvention de 125.250€ de la Région Ile-de-France. En comparaison la Maison de Santé ne récupère « que » 75.000€ de la Région.

125.250€ pour des caméras. Et cela n’est évidemment qu’une partie de la facture.

De notre côté nous nous réjouissons que ce projet ne soit pas déjà mis en œuvre et nous attendons toujours une réponse du maire à notre courrier de mars 2015 (!) lui demandant d’expliquer ses motivations, comment il compte évaluer la performance de ce dispositif et dans quel cadre de fonctionnement il devra s’inscrire ? 2 ans et demi après ne doutons pas qu’il ait eu le temps d’affiner ses réponses.

Cet argent (celui des mantevillois) et cette énergie (celles des équipes municipales) auraient pu mériter un meilleur sort. Qu’en pensez-vous ?

Nous avons hâte de confronter le bilan de la mairie telle qu’elle se l’imagine après presque 3 années d’exercice avec la réalité lors d’une réunion publique qui devrait s’organiser avant la fin de l’année.
En attendant le prochain Conseil Municipal aura lieu le mercredi 18 octobre.

 

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CPOLITIQUE – Le CRIC face au Vice-Président du FN

Le format de l’émission, l’expérience du professionnel et l’attente du média en font un exercice qui peut être insatisfaisant. Mais bon, l’internet moderne nous permet de proposer une version « augmentée » de quelques commentaires.

Alors ne nous privons pas, séance de rattrapage avec les sous-titres :

>> A télécharger ici <<

Vidéosurveillance : Pour quoi faire ?

Every-Breath-You-Take2CHAPITRE 1 – La « sécurité » était un axe prédominant de la campagne du candidat Cyril Nauth. Aujourd’hui, il s’agit d’un volet d’investissement prioritaire qui ne souffre pas de l’austérité budgétaire appliquée par ailleurs. Pourtant au regard des nombreuses expériences des villes sous surveillance il est utile d’analyser les motivations qui ont conduit l’équipe municipale à déployer un tel dispositif et comment nous pourrons évaluer ses potentiels bénéfices pour les Mantevillois.

La vidéosurveillance est-elle efficace pour la prévention de la délinquance et pour sa répression ?

Concernant les modalités d’application, il est prévu d’installer 6 caméras dans les prochains mois et de réaliser une étude pour décider de leur implantation. Aucun agent qualifié ne sera mobilisé pour regarder en temps réel les images. Cela révèle d’une part que le dispositif ne sera pas déployé comme l’entendait le chef de la police municipale pour atteindre une probable efficacité. D’autre part le projet n’a fait l’objet d’aucune étude préalable pour valider qu’il s’agissait d’une solution adaptée à Mantes la Ville. La Note n°100 mentionne des trafics de drogue et de contrebande ou encore des agressions. Pourtant le principal point d’attention évoqué lors des conseils municipaux concerne les cambriolages et donc des actes commis aux domiciles privés pour lesquels la vidéosurveillance serait logiquement inadaptée.

Des études ont démontré qu’on serait moins agressé dans les villes non vidéosurveillées que dans celles où on l’est un peu ; que les caméras que personne ne regarde produisent tout autant d’effet que celles qui sont regardées et que “l’amélioration du taux d’élucidation est sensiblement équivalente” dans les villes équipées que dans celles qui ne le sont pas. Un rapport du ministère de l’Intérieur (juillet 2009) conclut que les équipements de vidéosurveillance représentent des coûts d’investissement et de fonctionnement élevés et qu’il est compliqué de mesurer, mais encore plus de « prouver », l’efficacité de la vidéosurveillance.

La présence de caméras dans les lieux publics s’est banalisée et la perception du caractère «liberticide» de la vidéosurveillance s’est estompée au profit d’une « vidéoprotection » qui rassure et lutte – non pas contre les délits  eux-mêmes – mais contre le sentiment d’insécurité. Avec aussi peu de consensus sur son efficacité et au regard du coût qu’elle fait supporter à la collectivité, nous pouvons légitimement nous demander si la vidéosurveillance doit être l’outil prioritaire pour répondre aux enjeux de la lutte contre la délinquance.

La vidéosurveillance serait-elle seulement un argument électoral, employé par de nombreuses formations politiques, ou bien serait-ce un outil véritablement efficace, nécessaire et suffisant pour assurer la tranquillité publique ?