Finances : Le budget de Mantes la Ville

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La nouvelle municipalité de Mantes la Ville a commandé un audit financier. Les conclusions de cet audit ont été présentées lors du conseil municipal du 29 septembre 2014 et le dernier bulletin municipal (La Note n°99) lui consacre 4 pages. L’argent public et son utilisation sont une affaire importante surtout en période de vaches maigres. C’est une raison suffisante pour traiter la question avec sérieux. Or l’interprétation de cet audit par l’adjoint aux finances et les conclusions qu’il nous présente laissent dubitatif.

La présentation faite par M. Morin diffère considérablement de celle de l’auditeur au point que l’on doute qu’il parle bien du même document.
S’agissant de la raison du doublement de la dette sur la période 2007-2012, l’audit l’explique par « un programme d’investissement ambitieux, financé par ailleurs de manière pertinente pour un montant significatif par des subventions ». L’adjoint aux finances parle « d’un recours irraisonné et irraisonnable à l’emprunt malgré un subventionnement massif reçu par la ville » et « d’une absence criante de volonté politique ».
Pour M. Morin la situation se résume à « un modèle néfaste », « un triste héritage » alors que l’auditeur constate « un niveau d’endettement qui n’est pas excessif pour une commune de la strate 10000-20000 habitants », « un ratio [l’endettement par habitant] qui reflète une performance correcte » et « des conséquences de la croissance démographique qui portent évidemment sur l’investissement ».

A ce stade, on ne peut que se poser des questions.
Monsieur Morin a-t-il lu le rapport d’audit ? A-t-il un problème de compréhension ? Ce qui serait franchement inquiétant au regard de ses attributions. Cherche-t-il à déformer sciemment les constats de l’audit pour se dédouaner par avance d’orientations à venir qu’il sait impopulaires ?

Reste que l’audit pointe un problème bien réel : une faible capacité d’autofinancement. Cette dernière est définie par la différence entre les recettes réelles et les dépenses de fonctionnement, autrement dit ce qui reste lorsqu’on a payé toutes les dépenses. L’audit avance deux causes principales à ce problème : la hausse des dépenses de personnel et une pression fiscale (taxe foncière et taxe d’habitation) inférieure à la moyenne nationale.

La croissance des dépenses observée en 2007-2012 aboutirait dans quelques années à un « effet de ciseau » avec des dépenses supérieures aux recettes ce qui n’est pas admissible dans la gestion d’une ville. Mais contrairement à l’appréciation de l’adjoint aux finances, l’auditeur précise que « Mantes-la-Ville n’en est pas encore là ! ».

Il n’est donc pas question d’une « marge de manœuvre inexistante » comme le dit M. Morin, mais d’une situation qui nécessite une réorientation de la gestion municipale ; des évolutions et des choix ni simples ni évidents. Mais qui peut croire que la gestion d’une commune de plus de vingt-mille habitants dans une banlieue en pleine évolution (Opération d’Intérêt National Seine Aval) et située dans une des régions les plus riches et les plus actives du monde (métropole du grand Paris) est une affaire simple ? Et c’est bien là que le bât blesse : l’indigence des réponses apportées par la nouvelle majorité à la situation qui peut se résumer par une austérité budgétaire « à fond sur la pédale de frein ! ». Effectivement, ne sachant où aller, la majorité FN préfère tout arrêter.

Pourtant. La population de Mantes la Ville augmente d’ores et déjà et va augmenter bien plus encore avec l’aménagement du quartier Mantes Université. Les habitants vont se trouver confrontés à une transformation profonde de leur ville. Ils sont en droit d’attendre de l’équipe municipale qu’elle s’implique résolument et sans plus tarder dans les aménagements à venir. Mais cette volonté politique pour Mantes la Ville n’est pas évoquée par M. Morin. Il nous annonce des « mesures courageuses » qui consisteront avant tout en renoncements pour assurer une gestion a minima censée assurer « la pérennité financière de la ville ». Et pourtant les enjeux de notre ville demandent davantage qu’un rabotage des budgets tous azimuts et notamment ceux destinés aux actions sociales. Le prétexte économique ne peut suffire à masquer le manque d’idées et de propositions concrètes répondant aux impératifs de la ville et de ses habitants.

De l’énergie, des idées, de la conviction, de la concertation et une vraie vision de l’avenir de cette ville sont nécessaires. Tout comme le dialogue avec toutes les parties prenantes – habitants, autorités publiques, aménageurs, promoteurs. Le maire acte déjà le gel des investissements sous prétextes qu’il y aura moins d’argent. Certes leurs montants ne seront pas aussi élevés qu’auparavant, mais ces subventions sont néanmoins disponibles. Encore faut-il se donner les moyens d’aller les chercher. Pour que Mantes la Ville s’inscrive dans la dynamique locale, pour que les attentes des Mantevillois soient entendues et que des solutions viables et pérennes soient mises en oeuvre, il faut souhaiter à M Nauth et son équipe d’ouvrir les yeux sur la ville qu’ils entendent diriger et son environnement en pleine transformation.

Une réflexion sur “Finances : Le budget de Mantes la Ville

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